La controverse sur l’iode et la thyroïde


Episode 1 : iode, plage, crustacés…et thyroïde !

L’excès d’iode n’est pas bon du tout pour vous !

L’iode est un sujet controversé en ce qui concerne la santé de la thyroïde. Alors que j’ai discuté des dangers de fortes doses d’iode pour Hashimoto avec certaines clientes et sur le groupe privé FB, le sujet des « régimes à l’iode » mis à en avant sur internet revient très souvent.

En effet, j’ai bien conscience que certains médecins que je vous recommande d’aller voir pour obtenir de précieuses ordonnances difficiles à avoir par ailleurs… sont aussi de fervents avocats du mojito au sirop d’algues…

Je voulais aborder le sujet dans une série d’articles et de podcasts cet été afin de m’assurer que la conversation ne se transforme pas en un débat sur un seul nutriment, car Hashimoto est un multi -facteur. C’est un dérèglement global de l’organisme. Alors que certains défenseurs de la thyroïde proposeront que la prise de fortes doses d’iode soit utile pour tout le monde. Avec Hashimoto, malheureusement, je n’ai pas trouvé que c’était le cas dans la littérature scientifique. C’est même plutôt l’inverse.

Ainsi, sans surprise, alors que des doses physiologiques d’iode peuvent être bénéfiques pour la fonction thyroïdienne, la recherche a montré que des doses excessives d’iode peuvent déclencher (et aggraver) la maladie de Hashimoto chez les personnes génétiquement prédisposées et pouvant présenter certaines «vulnérabilités», telles qu’une carence en sélénium et globalement un niveau d’inflammation élevé.

De plus les doses “physiologiques” d’iode pour les femmes en particulier ne correspondent pas aux valeurs de références données par les laboratoires et le corps médical. De sorte que beaucoup de femmes se mettent en danger sans le savoir en appliquant les “normes officielles” qui sont en fait prévues pour les hommes… Il faut savoir que les normes pour femmes enceintes sont créées en prenant comme base les valeurs des hommes et en ajoutant les besoins physiologiques des bébés… 

Un dosage très fin nécessaire pour les femmes Hashimoto

Revenons-en à nos moutons: 

L’iode est un minéral essentiel qui se trouve dans le sol et l’eau de la terre et est utilisé par le corps pour produire des hormones thyroïdiennes. L’iode est généralement consommé par le biais de fruits de mer (poissons et légumes), de sel iodé ou de suppléments. Les cellules thyroïdiennes sont (quasiment…) les seules cellules du corps capables d’absorber l’iode, et c’est le rôle de la glande thyroïde de combiner l’iode et l’acide aminé tyrosine, et de les convertir en hormones thyroïdiennes : la thyroxine (T4) et la triiodothyronine (T3).

Comme il s’agit d’un nutriment nécessaire à la santé de la thyroïde, certaines personnes ont supposé qu’une supplémentation en iode à fortes doses pourrait aider le corps à fabriquer plus d’hormones thyroïdiennes, améliorant ainsi l’hypothyroïdie et la maladie de Hashimoto. Et il est souvent recommandé par de nombreux livres et médecins de santé conventionnels. La plupart des thérapeuthes alternatifs (naturopathes, nutritionnistes, etc…) suivent aussi cette mouvance là.

D’après les retours que je vois sur les réseaux sociaux et par mes clientes, seuls les médecins fonctionnels semblent un peu plus à jour et informés des apports d’iode adéquats pour les femmes Hashimoto.

Ce que la plupart des médecins ne comprennent pas, c’est que l’iode est ce que les pharmaciens appellent un nutriment à “marge thérapeutique très étroite”, ce qui signifie que, bien que de faibles niveaux soient nécessaires à la santé de la thyroïde, des niveaux légèrement plus élevés que l’optimum peuvent avoir un effet négatif.

Dans mes accompagnements en hygiène de vie, j’ai vu l’iode nuire aux personnes atteintes de Hashimoto. Donc je ressens le besoin de mettre en garde les femmes contre la supplémentation avec de fortes doses de ce nutriment, à moins qu’elles n’aient une carence connue. Cependant, même en cas de carence, en prendre trop à la fois, et surtout sans traiter d’autres problèmes au préalable, peut être toxique.

J’ai reçu de trop nombreux messages de personnes désespérées et j’ai vu de nombreux rapports similaires chez des clientes qui sont venues me voir après avoir essayé une dose élevée d’iode sur elles-mêmes ou suite à une recommandation médicale.

Bien que l’iode serve de carburant à notre thyroïde et soit très important dans l’hypothyroïdie par carence en iode, Hashimoto est un mécanisme différent. C’est comme verser de l’essence dans un moteur en feu. L’ajout d’iode au mélange avant d’éteindre le feu et de réparer le moteur peut endommager davantage la thyroïde. Réparez d’abord le moteur, puis ajoutez le carburant une fois que vous savez que le moteur n’est plus en feu !

Episode 2 : iode et thyroïde, des informations fiables?

5 commentaires

  1. Merci pour cette prévention. Je ne connaissais rien à ce sujet… D’ailleurs, je me pose une question: l’iode à basse quantité est nécessaire pour tout le monde? Les végétariens peuvent s’en procurer que via le sel ou un complément? Le végétarianisme est compatible avec le Hashimoto (par rapport à l’alimentation et la tyroïde, peut-on quand-méme )?

    1. oui une quantité minimale d’iode est nécessaire pour tout le monde, sinon vous pouvez vous générer de très gros soucis de santé (goïtre, baisse des capacités mentales, etc…).
      Pour le végéntarisme, c’est effectivement difficile de le faire strictement à 100% avec la maladie de Hashimoto. Ou bien il faudrait prendre beaucup de compléments pour apporter différentes formes d’acides aminées, de vitamines et de minéraux qui sont essentiels pour le soin de HAshimoto et difficilement trouvable ou assimilable via les plantes.

  2. Merci pour cette prévention! Je me demandais, du coup, si un végétarien pouvais avoir de l’iode qu’à travers le sel et un complément? Le régime végétarien est compatible avec le Hashimoto?

    1. Bonjour,
      de nombreux aliments végéntariens contiennent de l’iode.
      D’ailleurs, les algues sont compatibles avec le régime végétarien ! Elles peuvent vous faire du bien en petite quantité si vous n’avez pas de susceptibilité vis à vis de l’auto-immunité. Si vous n’avez pas la maladie de Hashimoto d’ailleurs, mes réflexions ne vous concernent pas et vous pouvez suivre les recommandations générales de santé public qui indiquent des doses un peu plus élevées.

  3. Je trouve que cet article de mise en garde est très intéressant.
    Je ne suis pas concernée par le sujet, mais intéressée de connaitre tout ce qui tourne autour de la santé, et si je viens à avoir quelqu’un de mon entourage qui rencontre des problèmes pointant Hashimoto, je pourrai l’orienter ici.

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